Un temps fort dédié au dessin sous toutes ses formes



Traversées 


Par Nicolas Misery, Directeur des Musées de Marseille




L’été marseillais révèle une nouvelle fois son extraordinaire intensité. Expositions, festivals, foires, rencontres… Depuis plusieurs mois déjà, au cœur des galeries, des musées, des centres d’art comme des ateliers et des lieux de spectacle vivant, d’innombrables initiatives témoignent de la vitalité d’un épicentre artistique européen qui semble irrémédiablement se déplacer vers Marseille et la Méditerranée, à la faveur du cosmopolitisme et de l’esprit de liberté qui distinguent notre territoire.

Le salon PAREIDOLIE est sans conteste l’une des manifestations phares de cette effervescence créative.  Depuis plusieurs années déjà, avec une force sans cesse grandissante, alors que s’achève le mois d’août, cet événement célèbre le foisonnement des pratiques du dessin sur la scène artistique contemporaine à l’international. L’exigence rare qui préside à sa programmation s’accompagne d’un remarquable esprit pionnier. Et c’est ainsi qu’aux côtés de galeries confirmées en France et en Europe émergent des propositions d’une audace salutaire, propices à reconfigurer en profondeur notre compréhension des dynamiques qui traversent, autant qu’elles semblent le déstabiliser toujours, le champ si singulier des arts graphiques. Nombre des artistes qui ont marqué les précédentes éditions du salon Paréidolie ont depuis fait l’objet d’expositions dans des institutions d’envergure, manifestant encore, si cela était nécessaire, sa qualité. Et l’on se souvient ainsi des feuilles tour à tour cruelles et délicates, radicales et saisissantes de poésie d’Edi Dubien, Claude Closky ou Cathryn Boch ; elles pourraient témoigner presqu’à elles seules de la richesse exploratoire et la diversité des inspirations que PAREIDOLIE parvient à fédérer. Le salon est aujourd’hui l’un des lieux privilégiés de leur expression. Il est à ce titre un incontestable soutien apporté à la jeune création.

La Saison du Dessin qui s’ouvre avec le salon PAREIDOLIE déploie cette action dans le temps long à Marseille mais aussi dans plusieurs villes de notre région. Elle incarne peut-être plus fortement encore l’esprit de synergie qui rend si essentielle - et ô combien attachante – cette belle initiative. Les Musées de Marseille, compagnons de route de PAREIDOLIE, ont souhaité s’y associer cette année encore. C’est ainsi que le musée Cantini présente aujourd’hui à ses visiteurs un ensemble de feuilles issues de ses collections par certaines des personnalités les plus importantes du XXe siècle parmi lesquelles Antonin Arthaud, Perahim, Jacqueline Lamba, Oscar Dominguez, Max Ernst ou André Breton. Les publics découvriront une nouvelle acquisition réalisée par la Ville de Marseille en 2022, de la main de Jacques Hérold, Victor Brauner, Théo Bénédite et d’autres artistes qui, comme ceux-ci, trouvèrent à Marseille et au sein de la villa Air Bel un territoire de liberté, propice à la création, dans une Europe alors menacée par le nazisme. Fait singulier, ces œuvres majeures sont exposées sur des cimaises ornées tout au long des derniers mois par les publics du musée : jeunes enfants, scolaires, adolescents puis adultes, inspirés par l’imaginaire surréaliste de Perahim. L’exposition est ainsi comme une ode étonnante à la puissance d’inspiration du dessin et à son appel sans cesse renouvelé à l’exploration – jusque par soi-même – des territoires d’invention dont il est la matérialisation concrète.

Nul doute que cette nouvelle édition du salon PAREIDOLIE et de la Saison du Dessin qui s’ouvre aujourd’hui sera propice à faire naître de nouveaux projets à l’horizon des années à venir. C’est ainsi qu’il nous faut remercier chaleureusement ses organisateurs et saluer leur esprit de conquête, comme en autant de traversées, au défi de la seule imagination.









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